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Le Pacifisme : Présentation générale - Bibliographie - Instituts
Article mis en ligne le 31 mai 2003
dernière modification le 6 avril 2004

par r-c.
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Présentation

Des personnalités parmi les plus respectables ont adhéré aux principes du pacifisme : l’indien Gandhi, le russe Tolstoï, l’autrichien Stefan Zweig, l’anglais Bertrand Russell, le français Romain Rolland. Pourtant, cette philosophie est mal connue et les pacifistes sont diffamés.

Tous les anarchistes ne sont pas pacifistes et tous les pacifistes ne sont pas anarchistes, loin s’en faut. D’ailleurs, le pacifisme prend des formes très diverses : le chansonnier Montehus, par exemple, salue les militaires qui n’ont pas tiré sur les émeutiers français, mais les applaudit quand ils affrontent un pays étranger. Le pacifisme ne se traduit donc pas chez tous ses partisans par un antimilitarisme.

Tout le monde veut la paix, mais les opinions changent quand la patrie est attaquée. Certains réclament un gouvernement mondial, mais il serait naïf de penser qu’il ne reflèterait pas les rapports de force en présence. D’autres prônent le désarmement général, et de fait la prospérité du Japon et de l’Allemagne, après la Seconde guerre mondiale, provient en partie du fait qu’ils ont fait l’économie d’une armée dispendieuse. Néanmoins, les conflits ne se déroulent pas seulement entre nations, mais aussi entre ethnies, et entre classes sociales. De plus, les guerres nouvelles, dites "de basse intensité" recourent de plus en plus à une militarisation des civils ; c’est ainsi que les Etats-Unis font appel à une pléiade d’institutions : volontaires de la paix, Eglises chrétiennes, campagnes de presse, etc. pour justifier leurs objectifs militaires. Les agressions à l’extérieur s’accompagnent ainsi de plus en plus d’une guerre civile sous-jacente.

Les promoteurs de la paix ne peuvent donc plus se contenter de réclamer la suppression des armées, ils doivent convaincre d’autres adversaires, dont certains sont payés pour les dénoncer.

On critique à juste titre la collaboration de certains pacifistes français avec les nazis. Néanmoins, ces cas particuliers n’autorisent guère les généralisations hâtives et orientées de certains gauchistes qui accusent en bloc tout ce courant de révisionnisme. Ce type de collaborateurs participa surtout à la propagande et n’imita pas ces officiers français qui rejoignirent les Waffen SS, puis la division Charlemagne, laquelle compta quelque 7000 volontaires.

Certains militaires français ont accrédité l’idée que la guerre de 1939 a été perdue à cause de la propagande en faveur du désarmement. Ils ont singulièrement oublié les fanfaronnades de leur propagande au sujet de la Ligne Maginot, et ils n’ont visiblement pas lu les Mémoires de leur maréchal en chef, qui raconte que lorsque la France a déclaré la guerre à l’Allemagne nazie, les tanks se trouvaient en un lieu, les hommes dans un autre, et l’essence ailleurs...

Discrédité et caricaturé, le pacifisme est aussi méconnu. À notre connaissance, l’Université française compte des Centres de recherche militaire mais pas un seul Institut d’Études de la paix. Malgré cela, le courant pacifiste s’exprime dans "plusieurs traditions, universaliste, religieuse et laïque, et aussi plusieurs stratégies pour la paix, du refus absolu de toute utilisation de la force (non-violence) à celle de la résistance armée (contre-violence)". [1]

Insoumis, antimilitaristes, non violents ne rêvent pas d’un monde sans conflits, ce qui serait le priver de sa substance. Ils militent pour que peuples et individus apprennent à gérer les conflits sans agressivité et s’efforcent de diffuser une culture de la non violence. Faut-il rappeler que la chûte de la plus puissante armée du Moyen-Orient, celle d’Iran, s’est faite pratiquement sans tirer un coup de feu, et que l’Union soviétique s’est écroulée lorsque les populations ont voté avec leurs pieds en quittant en masse leurs pays ?

Bibliographie

Bekaert, Xavier. Anarchisme, Violence, Non-Violence. Bruxelles : Alternative libertaire. 52 p.

Fellay, Gerda. Hommage à la non-violence. Lausanne : Editions Entraide 2001

Instituts pour la paix

Institut Lilly E. Schorr.

Notes :

[1Bernard Ravenel, Le Monde diplomatique, juillet 1994


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