accessibilité
Bandeau
RAForum
Slogan du site
Descriptif du site
CARROZZA, Gianni et Aldo GIANNULI. "La stratégie de la tension en Italie"
Article mis en ligne le 24 août 2004
dernière modification le 12 avril 2015

Le PCI savait beaucoup, mais préféra dire peu.

Essayons de comprendre pourquoi. Au cours de la seconde moitié des années soixante, une conjoncture particulière, autant internationale (Vietnam, négociations sur le désarmement nucléaire, mouvements de libération du Tiers Monde et de protestations dans les pays métropolitains) que nationale (victoire communiste aux élections de 1968, crise du centre gauche, dégel du monde catholique) ouvre au PCI une opportunité à saisir : abattre la discrimination anticommuniste qui dure depuis quarante ans et conquérir une légitimité de parti de gouvernement.

Le détachement, lent mais continu, du PCI de l’URSS, conséquence de l’invasion en Tchécoslovaquie, contribue aussi au progrès dans cette direction. Gagner l’insertion complète dans le système politique devenait ainsi, pour les dirigeants communistes, la priorité stratégique majeure à qui toute autre exigence politique devait être sacrifiée.

Mais cette tentative rencontrait deux difficultés : d’un côté l’anticommunisme obstiné des partis du centre (PSDI [1], PLI [2], droite de la DC [3]), de l’autre les résistances internes à une évolution social-démocrate. La complexe mosaïque des composantes communistes se présentait ainsi : gauche de Secchia [4] , soviétophile et hostile à une tactique modérée, gauche d’Ingrao [5], très antisoviétique mais favorable à une ligne radicale proche de 68, droite amendolienne [6] favorable à une ligne modérée mais pas disposée à rompre avec l’URSS, centre de Longo [7] et de Berlinguer [8], d’une grande modération dans la politique intérieure et favorable à un détachement graduel d’avec l’URSS.

Lire la suite