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THOREAU, Henry David.- "La nature contre-culture. Réflexions autour de Henry David Thoreau". Par Rodolphe CHRISTIN
Article mis en ligne le 26 août 2004
dernière modification le 11 octobre 2006

par ps

Lorsque je veux me recréer je cherche le bois le plus sombre, le marais le plus touffu, le plus interminable et, aux yeux du citadin, le plus affreux. Je pénètre dans un marais comme en un lieu sacré [...] et la même terre est bonne pour les hommes et pour les arbres.

H. D. Thoreau, Balades.

Briser le cercle

Thoreau... : abandonnant à l’Europe « les trois autres points cardinaux, esquisser une marche vers l’Ouest et, dans la solitude au bord d’un étang, se dépouiller comme d’une carapace de feuilles sèches de son moi ancien pour toucher, au degré zéro de la survie, un sol nu, décapé de ses strates ».

Pierre-Yves Pétillon, La Grand-Route.

Si Thoreau est à sa manière un ermite-vagabond, sa démarche apparaît avant tout fondée sur un constat d’ordre social : celui de la servilité d’un genre de vie centré sur le travail et un économisme utilitaire désenchanteur de monde. Gagner sa vie en échinant son existence. Thoreau l’ascète réhabilite quant à lui le principe d’une joie contemplative, liée à un usage poétique de l’espace. Aussi s’agit-il d’employer son temps de la manière la plus vacante possible, car le temps libre n’est pas un luxe mais une nécessité que l’organisation ordinaire du travail rend impossible. La professionnalisation du faire, doublée de l’obligation de vendre, amorce la contrainte :

" Toutefois n’en pensai-je pas moins, dans mon cas, qu’il valait la peine pour moi de les tresser, et au lieu d’examiner la question de faire en sorte que les hommes crussent bon d’acheter mes paniers, j’examinai de préférence celle d’éviter la nécessité de les vendre. " [1]

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