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ROSELL, Pepito. "Dans la résistance, l’apport du mouvement libertaire"
Article mis en ligne le 4 septembre 2004
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Pour comprendre quel fût l’apport du mouvement libertaire à la Résistance française, il faut se situer dans le contexte politique et économique de la fin de la guerre d’Espagne.

Dès 1937, des milliers d’Espagnols réfugiés en France vont être internés par les autorités dans des camps de concentration. Ces hommes qu’on parquait dans des conditions lamentables se trouvaient donc au rencart d’une société qu’ils avaient cru accueillante. Ils étaient en fait, déjà, des hors-la-loi. La classe politique d’alors, composée de toutes les tendances, de l’extrême droite à l’extrême gauche voulait voir disparaître les témoins d’un épisode majeur de l’histoire : la Révolution espagnole.

Le Réseau Robur à St Malo en 1943

Avant de passer en France, beaucoup craignaient de se voir imposer une situation de la sorte. Nous avions donc enterré beaucoup d’armes, que nous sommes allés chercher plus tard et qui servirent à alimenter les premiers noyaux de résistance au fascisme international.
Bien avant 1939, la majorité d’entre nous pensait que rien n’arrêterait les Allemands le jour où ils se mettraient en marche. Dans les camps déjà, nous débattions du choix à faire en cas d’invasion. Notre vie ne pèserait pas bien lourd, mais la rancoeur que nous avions envers la classe dirigeante européenne nous incitait à penser que, quitte à mourir, il valait mieux retourner en Espagne pour combattre.

La guerre éclata, et le gouvernement français avait déjà pensé à utiliser quatre-vingt pour cent d’entre-nous comme "chair à canon" en nous intégrant à son armée. Nous faire éliminer en le servant. Des compagnons s’enrôlèrent dans les régiments de marche de la Légion Etrangère et se retrouvèrent en première ligne dans tous les combats.
Dans la mesure où l’engagement militaire ne séduisait pas la majorité d’entre nous, on nous intégra à des compagnies de travail militarisées, qui devaient combler l’absence de bras créée par le départ sous les drapeaux de centaines de milliers d’hommes.

On "libérait" de leurs camps, au compte-gouttes, les prisonniers espagnols, suivant les besoins et le "danger" que chacun d’eux pouvait représenter. Cependant beaucoup d’entre nous refusèrent aussi bien l’engagement militaire que le travail militarisé et l’effondrement des armées alliées allait leur permettre de ficher le camp et de se noyer dans la pagaille politique et administrative qui engloutissait le gouvernement.

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