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BERTHIER, Pierre-Valentin
Article mis en ligne le 17 octobre 2004
dernière modification le 17 mai 2010

par r-c.
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Biographie

par Libertad

Pierre-Valentin Berthier est né le 18 septembre 1911 à Issoudun. Il obtient son certificat d’études puis passe deux ans et demi à l’ « école primaire supérieure », annexée au collège, avant d’en être chassé pour indiscipline. Pendant une décennie, il exerce le métier d’artisan mégissier, coupeur en cuirs et peaux, dans l’atelier de ses parents. En 1932, il est arrêté pour insoumission. Malade, il est relâché peu après. Le pacifisme est alors et restera toute sa vie son principal cheval de bataille. D’abord antimilitariste et ensuite anarchiste, quoiqu’il apprécie très peu les étiquettes, quelles qu’elles soient. Et déjà, il participe à un certain nombre de feuilles pacifistes et libertaires : La Patrie Humaine, journal dirigé par Victor Méric, La Clameur, « organe mensuel de l’Union des Intellectuels pacifistes » [1], Le Contre Poison, « organe mensuel d’éducation sociale. Pour la Paix » ou La Conquête du Pain, dirigée par Bidault.

En 1936 c’est une autre presse qui lui permet de gagner sa vie : il devient le correspondant local du Journal du département de l’Indre qui deviendra Le Département sous l’Occupation puis La Marseillaise du Berry à la Libération.

Après avoir été 15 ans journaliste à Issoudun, P.-V. Berthier perd sa place lorsque le journal accentue son obédience communiste. En 1951, il rejoint alors la capitale où il sera correcteur dans des imprimeries, des maisons d’édition, comme Amiot-Dumont et des journaux, comme le Monde, où il prend sa retraite en 1976. En parallèle, il continue à apporter sa contribution à la presse anarchiste.

Avec Charles-Auguste Bontemps, il est l’un des plus proches collaborateurs de Louis Lecoin avec Défense de l’Homme. Puis il écrira dans Liberté. Il écrit également au Monde Libertaire dès 1954, et ce tant qu’il sera mensuel. Il réalise de longues chroniques pour L’Union pacifiste qui prône le désarmement unilatéral à titre exemplaire. On peut aussi noter ses participations au Libertaire qui parait au Havre. Et des articles pour L’Unique d’E.Armand, CQFD, Contre-Courant (deux journaux dirigés par Louis Louvet entre 1944 et 1968), Espoir qui devient Espoir CNT, Le Réfractaire, La Rue, et cette liste est sans doute très incomplète…

Outre celui de la presse, Berthier appartient au monde de la littérature, dans lequel il est entré par le biais de la poésie. « La littérature n’a pas intrinsèquement de vocation sociale, mais il y a des œuvres littéraires qui influent sur la société »[Thierry Maricourt, Histoire de la littérature libertaire en France, Paris, Albin Michel, 1990, pp. 305-309.]]. Après quelques nouvelles, ses premiers romans paraissent dans les années 1950.

En 1957, L’Enfant des ombres est, selon Thierry Maricourt, le roman « dans lequel se révèle le talent de son auteur ». Dans ce plaidoyer contre la guerre, on voit apparaître un personnage par lequel va se faire l’introduction d’idées libertaires : Planchette, évocation de Fernand Planche, à qui Pierre-Valentin Berthier a emprunté quelques souvenirs et événements. Deux ans plus tard, l’auteur expose ses conceptions économiques dans un roman intitulé On a tué M. Système.

Outre les romans, il s’intéresse à la langue française, à laquelle il consacrera une dizaine d’ouvrages, en majeure partie réalisés avec Jean-Pierre Colignon, correcteur au Monde, qui voit en lui « un ouvrier du verbe instruit sur le « tas », pour qui le langage est un matériau noble, comme le bois, le fer ou l’or » [2]. Pierre-Valentin Berthier est également l’auteur de quelques essais : une biographie de Gaston Couté, parue en 1958 et rééditée en 1980, un essai sur la famille et un sur la « laïcité égarée » parus tous deux en 1995.

Bibliographie

BEAUDET, Céline. Rencontre avec Pierre-Valentin Berthier : court récit d’une vie et des rencontres d’un anarchiste individualiste : entretiens réalisés par Céline Beaudet.La Question sociale (BP 5, 08150 Rimogne), 2004. 71 p.

L’auteur présente aussi une bibliographie et des biographies d’une vingtaine d’anarchistes que Berthier a croisé dans son chemin.

Notes :

[1René Bianco, Un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, Aix-Marseille, Thèse pour Doctorat d’Etat, 1987

[2Préface de J.-P. Colignon in P.-V. Berthier, Glossaire de la Champagne berrichonne, Royer, 1996, p. 11


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