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ORWELL, George. Ni capitalisme, ni collectivisme
Recension de The Road to Serfdom de F. A. Hayek & de The Mirror of the Past de I. R. Zilliacus
Article mis en ligne le 10 novembre 2004
dernière modification le 26 avril 2015

par r-c.
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La confrontation de ces deux ouvrages plonge le lecteur dans la perplexité. Le premier est un éloquent plaidoyer pour le capitalisme du type « laisser faire, laisser passer » et le second un violent réquisitoire contre ce même système. Ils s’appuient dans une large mesure sur les mêmes données, ils citent fréquemment les mêmes auteurs et ils partent tous deux d’une même hypothèse, puisque l’un et l’autre postulent à la base de la civilisation occidentale le caractère sacré de la personne humaine. Pourtant, chacun de ces deux auteurs est convaincu que la voie préconisée par l’autre conduit droit à l’esclavage, et le plus inquiétant c’est qu’ils pourraient bien avoir tous deux raison.

Le livre du professeur Hayek est peut‑être le plus intéressant, dans la mesure où ses opinions sont moins à la mode à l’heure actuelle que celles de M. Zilliacus. En bref, la thèse du professeur Hayek est la suivante : le socialisme conduit inévitablement au despotisme et les nazis ont pu s’imposer en Allemagne parce que les socialistes leur avaient déjà mâché le travail, en particulier le travail intellectuel qui consiste à affaiblir le désir de liberté. En plaçant la totalité de la vie sous le contrôle de l’État, le socialisme donne nécessairement le pouvoir à un petit cercle de bureaucrates qui, dans presque tous les cas, sont des hommes qui veulent le pouvoir pour lui-même et qui ne reculeront devant rien pour le garder. La Grande‑Bretagne, affirme le professeur Hayek, suit à présent la même voie que l’Allemagne, avec l’intelligentsia de gauche en tête et le parti tory qui lui emboîte le pas. L’unique chance de salut se trouve dans le retour à une économie sans intervention de l’État, à la libre concurrence et à un souci de liberté plutôt que de sécurité.

Il y a beaucoup de vrai dans la partie critique de la thèse du professeur Hayek. On ne dira jamais assez – et d’ailleurs on l’a fort peu dit – que le collectivisme n’est pas démocratique par nature, mais qu’au contraire il confère à une minorité tyrannique des pouvoirs tels que les inquisiteurs espagnols eux‑mêmes n’auraient jamais osé en rêver.


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