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Pietro FERRUA
"Marie-Christine Mikhaïlo. De la haute bourgeoisie scandinave à l’anarchisme". Film documentaire
Article mis en ligne le 15 novembre 2004
dernière modification le 6 janvier 2005

par r-c.
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par Bertil GALLAND, Suisse, 1995, noir et blanc, 52’30"

Producteur : Association Films Plans-Fixes

Photo : Jean Mayerat
Source : Plans fixes

La collection "Plans Fixes" est censée présenter les citoyens suisses qui se sont distingués en quelque domaine et il est reconfortant de découvrir que cette marque d’honneur peut aussi être accordée à des anarchistes. Les futurs historiens devront sans doute démêler un peu l’embrouillamini du nom de famille en faisant un cheminement à l’envers : Mikhaïlo, Mikhaïlova, Gos, Enckell, Soderjelm. En grattant encore un peu on arrive à David, sans doute le seul patronyme à la saveur vaudoise dans la trajectoire par laquelle se développe le documentaire qui prend vie à partir de l’espace "Beaumont". Présenté comme un hâvre, le 24 avenue de Beaumont, à Lausanne (également siège du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme) est une maison d’accueil qui a vu défiler des générations d’étudiants, de professeurs, de visiteurs étrangers ( entre autres, semble-t-il, Elisée Reclus, sans doute en sa qualité de géographe plutôt que de penseur anarchiste).

Marie-Christine, dans sa narration, commence par présenter son grand-père, le professeur David, enseignant l’histoire au Collège Vinet, mais elle s’empresse de nous expliquer que les avatars de la vie de sa mère la mènent à se marier en Finlande plutôt qu’à Beaumont. Marie-Christine est née en 1916 dans un Grand-Duché russe, qui devient indépendant une année après sa naissance. Elle finira par épouser elle même un ressortissant finlandais, issu de la bourgeoisie cossue de son pays, fils du Ministre des Affaires Ëtrangères et lui même, plus tard, membre du corps diplomatique. C’est pourquoi Marianne Enckell (qui depuis une quarantaine d’années partage la responsabilité du C.I.R.A. avec sa maman) naît finlandaise (encore qu’à Stockholm). En 1948 la famille rentre à Beaumont, mais c’est seulement en 1954 qu’elle découvre l’anarchisme. Et ce sera à travers le soussigné, ce que je suis fier de lui entendre déclarer dans l’entrevue filmée. Que serait devenu le C.I.R.A. sans elle après mon départ précipité pour le Brésil en janvier 1963 ?

Son engagement dans l’anarchisme est vite scellé par le mariage avec l’anarchiste bulgare Stoyadin Mikhailov, que je lui avais sans doute recommandé, sinon carrément présenté et avec qui elle a vécu pendant quarante ans jusqu’à son très récent décès. Marie-Christine nous explique ensuite ce qu’est le C.I.R.A. en 1955, époque à laquelle la collection a passé de quelques centaines de livres à 12.000 (environ 15.000 au moment où j’écris) et de quelques douzaines de titres de périodiques à plus de 2000, sans parler des collections importantes de brochures, d’affiches, de bandes-vidéos. Le tout en une vingtaine de langues.

Alors qu’il existe plusieurs archives internationales consacrées à l’histoire sociale, le C.I.R.A. est la seule bibliothèque spécifiquement spécialisée dans l’anarchisme international, qui prête ses livres dans le monde entier.

Marie-Christine a connu les fastes de l’aristocratie ainsi que les affres de la guerre pendant la première partie de sa vie et les joies et les peines de l’anarchie dans la seconde. On dirait que celle-ci lui sied à merveille...

Pietro Ferrua

Ce film est disponible en cassette-vidéo VHS à Association
Films Plans-Fixes, Lausanne (Suisse)


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