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GALLO, Silvio. "Anarchisme et philosophie de l’éducation"

Traduit du portugais par Irène Pereira

jeudi 25 août 2005, par ps

L’anarchisme vient d’être récupéré, au moins par les recherches académiques, comme une philosophie politique ; une telle récupération a trouvé davantage sa raison d’être avec la propagation de la « crise des paradigmes » dans les sciences sociales, intensifiée par les évènements politiques des pays de l’Europe de l’Est et de l’ex-Union Soviétique, comme aussi par la fin du socialisme réel. Devant le manque de références solides pour une analyse politique des réalités quotidiennes, l’anarchisme revient sur le devant de la scène.

Quand nous étudions l’anarchisme, néanmoins, nous voyons qu’il est beaucoup plus exact de parler d’anarchismes, et ce ne serait pas peu dire… Comment alors parler d’un paradigme anarchiste qui peut être appliqué à la philosophie de l’éducation ? Très rapidement, j’aimerais démontrer ici que considérer l’anarchisme comme une doctrine politique pose un sérieux problème, aussi bien sur le plan pratique, que théorique. Etant donné la diversité des perspectives assumées par les divers théoriciens et militants du mouvement anarchiste historique, il serait impossible de les regrouper tous dans une seule doctrine ; par ailleurs, la force de l’anarchisme réside justement dans le fait qu’il ne lui revient pas de solidifier les principes qu’impose la construction d’une doctrine. Si l’anarchisme peut être une théorie politique qui a rassemblé de larges pans du mouvement ouvrier européen durant le siècle passé et s’il peut aussi être une théorie politique qui permet l’analyse des faits sociaux contemporains, c’est justement parce qu’il ne constitue pas une doctrine.

Le paradigme anarchiste

Pour que nous comprenions la vraie dimension de la philosophie politique de l’anarchisme, il est nécessaire que nous comprenions comment il a été construit par une attitude, celle de la négation de toute autorité que ce soit et par l’affirmation de la liberté. L’acte même de transformer cette attitude radicale en un corps de doctrines abstraites, éternelles et valides dans toutes les situations serait une négation du principe basique de liberté. Admettre l’anarchisme comme une doctrine politique, c’est provoquer son enterrement, c’est nier sa propre force, l’affirmation de la liberté, la négation radicale de la domination et de l’exploitation.

"Admettre l’anarchisme comme une doctrine politique, c’est provoquer son enterrement"

Nous devons, ainsi, considérer l’anarchisme comme un principe moteur, une attitude basique qui peut et doit assumer les plus diverses caractéristiques particulières en accord avec les conditions sociales et historiques auxquels il est soumis. Le principe moteur anarchiste est formé par quatre principes fondamentaux de théorie et d’action : l’autonomie individuelle, l’autogestion sociale, l’internationalisme et l’action directe. Voyons brièvement chacune d’entres-elles.

L’autonomie individuelle  : Le socialisme libertaire voit dans l’individu une cellule fondamentale de tout groupe ou association, cet élément ne peut être négligé au nom du groupe. La relation individu/société, dans l’anarchisme, est essentiellement dialectique : l’individu, en tant que personne humaine, existe seulement s’il appartient au groupe social - l’idée de l’homme isolé de la société est absurde - ; la société, à son tour, n’existe qu’en tant que groupement d’individus qui, en la constituant, ne perdent pas leurs condition d’individus autonomes, mais la construisent. L’idée même d’individu est seulement possible qu’en tant que constituant d’une société. L’action anarchiste est essentiellement sociale, basée sur chacun des individus qui composent la société, et tournée vers chacun d’entre eux.

Autogestion sociale : En accord avec le principe de liberté individuelle, l’anarchisme est opposé à tout pouvoir institutionnel que ce soit, il est contre toute forme d’autorité et de hiérarchisation ou quelque forme d’association constituée sur ses bases. Radicalement, les anarchistes sont opposés à la démocratie représentative dans laquelle un nombre déterminé de représentants est élu pour agir au nom de la population, les libertaires proposent une démocratie participative, où chaque personne participe activement aux affaires politiques de sa communauté.

Internationalisme : La constitution des Etats nations européens fut une entreprise politique liée à l’ascension et à la consolidation du capitalisme, étant donc l’expression d’un processus de domination et d’exploitation. Pour les anarchistes, il est inconcevable qu’une lutte politique pour l’émancipation des travailleurs et pour la construction d’une société libertaire puisse se restreindre dans une ou plusieurs de ces unités géopolitiques que nous appelons pays. De là la défense d’une internationalisation de la révolution, qui n’a un sens que si elle est mondiale.

Action directe : la tactique de lutte anarchiste est celle de l’action directe ; les masses doivent construire la révolution et gérer le processus comme une œuvre qui leur est propre. L’action directe anarchiste se traduit principalement dans les activités de propagande et d’éducation destinées à réveiller dans les masses la conscience des contradictions sociales auxquelles elles sont soumises, faisant ainsi que le désir et la conscience de la nécessité de la révolution apparaisse chez chaque individu. On peut dire que la principale source de l’action directe fut la propagande, à travers des journaux et des revues, ainsi que la littérature et le théâtre. L’autre important filon fut celui de l’éducation proprement dit- formelle ou informelle- comme nous le verrons plus loin.

En prenant l’anarchisme comme un principe générateur , ancré dans ses quatre principes fondamentaux, on peut parler de lui comme d’un paradigme d’analyse politico-sociale, donc il existerait ainsi un anarchisme unique qui prendrait différentes formes et facettes d’interprétation de la réalité et d’action en accord avec le moment et les conditions historiques dans lesquels il a été appliqué. C’est dans ce sens que nous traiterons, ici, de l’application du paradigme anarchiste à la théorie de l’éducation.

L’éducation libertaire

Les anarchistes ont toujours accordé beaucoup d’importance à la question de l’éducation dans le traitement du problème de la transformation sociale : non seulement l’éducation dite formelle, celle proposée dans les écoles, mais aussi celles dites informelles, réalisée par le groupe social, d’où son action culturelle à travers le théâtre, la presse et ses efforts d’alphabétisation et d’éducation des travailleurs, que ce soit à travers les syndicats ou à travers des associations ouvrières. Ce fut en relation avec l’école, cependant, que nous vîmes apparaître les plus grands développements théoriques et pratiques allant dans le sens de la constitution d’une éducation libertaire.

Les efforts anarchistes dans ce champ commencent avec une critique de l’éducation traditionnelle offerte par le capitalisme, tant dans son appareil étatique d’éducation que dans les institutions privées- normalement entretenues et gérées par les ordres religieux. La principale accusation libertaire est énoncée à propos du caractère idéologique de l’éducation : ils cherchent à montrer que les écoles se consacrent à reproduire la structure de la société d’exploitation et de domination, enseignant aux élèves à jouer le rôle social qui leur est assignée. L’éducation assume, ainsi, une importance politique relativement grande, bien cette importance apparaisse dûment déguisée sous une apparente « neutralité ».

Les anarchistes assument, une fois pour toutes, le caractère politique de l’éducation, voulant la mettre non plus au service de la reproduction d’un ordre social, mais de sa transformation, en dénonçant les injustices et en démasquant les systèmes de dominations, réveillant dans les individus la conscience de la nécessité de la révolution sociale.

Méthodologiquement, la proposition anarchiste d’éducation va chercher à entrer en interaction avec le principe de liberté, ce qui ouvre deux voies différentes de compréhension et d’action : l’une, qui comprend que l’éducation doit être faite à travers la liberté, et l’autre, qui considère que l’éducation doit être faite pour la liberté, en d’autres termes, l’une prend la liberté comme moyen et l’autre comme fin.

Prendre la liberté comme moyen me paraît une erreur. Cela signifie considérer, comme Rousseau, que la liberté est une caractéristique naturelle de l’individu, position déjà durement critiquée par Bakounine ; par ailleurs, cela revient au même que les pédagogies non directives, inaugurées dans le vieil Emile et consolidées par les efforts des théoriciens des écoles nouvelles ; les pédagogies libertaires s’en différencient seulement par les présupposés politiques, sans arriver à des résultats pratiques différents, en dehors de la supposée liberté individuelle caractéristique des perspectives libérales.

La liberté n’est pas un moyen : elle doit être conquise

Prendre, d’une autre manière, la pédagogie libertaire comme une éducation qui a la liberté comme fin peut amener à des résultats passablement différents. Si la liberté, comme le voulait Bakounine, est conquise et construite socialement, l’éducation ne peut partir de la liberté, mais peut y aboutir. Méthodologiquement la liberté cesse d’être un principe, ce qui éloigne la pédagogie anarchiste des pédagogies non-directives ; pour aussi étrange que cela puisse paraître, aux yeux de certains, la pédagogie anarchiste doit partir, en effet, du principe d’autorité.

L’école ne peut être un espace de liberté en plein cœur de la société ; son action serait inoffensive, car les effets de la relation de l’individu avec les autres instances sociales seraient beaucoup plus fortes. Partant du principe d’autorité l’école ne s’éloigne pas de la société, mais s’insère en elle. Le fait est qu’une éducation anarchiste, pour être cohérente avec sa tentative de critique et de transformation sociale, doit partir de l’autorité, non pour la prendre comme un absolu infranchissable, mais pour la dépasser. Le processus pédagogique d’une construction collective de la liberté est un processus de déconstruction progressif de l’autorité.

Un tel processus est assumé positivement par la pédagogie libertaire comme une activité idéologique ; puisqu’il n’y a pas d’éducation neutre, puisque toute éducation se fonde sur une conception de l’homme et une conception de la société, il s’agit de définir de quel homme et de quelle société nous sommes en train de parler. Comme il n’y a pas de sens à ne pas penser un individu libre dans la société anarchiste, il s’agit d’éduquer un homme engagé non dans la reproduction de la société d’exploitation, mais dans la lutte et la construction d’une nouvelle société. Il s’agit de créer, entre autres choses, un individu « désajusté » pour les patrons de la société capitaliste. L’éducation libertaire se constitue ainsi, dans une éducation contre l’Etat, étrangère, cependant, aux systèmes publics d’enseignement.

Le paradigme anarchiste et l’éducation contemporaine

Le credo progressiste dans les discussions pédagogiques contemporaines est la défense de l’école publique. L’actuelle Constitution brésilienne affirme que l’éducation est un « droit du citoyen et un devoir de l’Etat », définissant dès le début la responsabilité de l’Etat en matière d’éducation. Elle est, néanmoins, un investissement relativement onéreux, comme nous le savons, et il est certain que cet intérêt de l’Etat ne peut être gratuit ou simplement philanthropique. L’histoire nous montre que les dits systèmes d’enseignement publics sont relativement récents : ils se sont mis en place avec les révolutions bourgeoises et ils paraissaient vouloir contribuer à transformer « l’inférieur » et « le citoyen », opérant ainsi une transition politique pour les sociétés contemporaines. Un autre facteur important est la création, à travers une éducation « unique », du sentiment de nationalité et d’identité nationale, fondamental pour la constitution d’un Etat Nation.

Les anarchistes, cohérents avec leurs critiques de l’Etat, n’acceptèrent jamais cette éducation offerte et gérée par l’Etat parce que l’Etat se sert de ce biais de formation/information, qu’est l’éducation, pour disséminer les visions socio-politiques qui sont dans son intérêt.

De ce point de vue la pédagogie anarchiste diverge des autres tendances progressistes de l’éducation qui cherchent à voir dans le système public d’enseignement des « brèches » qui permettent une action transformatrice, subversive même, qui peu à peu minerait par l’intérieur le système étatique et ses intérêts. Ce que nous montre l’application des principes anarchistes c’est qu’il existe des limites très étroites pour une supposée « gestion démocratique » de l’école publique. Ou pour utiliser des paroles plus fortes mais aussi plus précises, l’Etat « permet » une certaine démocratie et même une action progressive jusqu’au point où ces actions ne mettent pas en échec la reproduction de ses institution et de son pouvoir ; si ce risque se fait sentir, l’Etat n’a de cesse d’utiliser toutes ses armes pour neutraliser les actions « subversives » .

C’est pour cela que, dans la perspective anarchiste, l’unique éducation révolutionnaire possible est celle qui se donne hors du giron définit par l’Etat, cet éloignement même est déjà une attitude révolutionnaire. L’idée, c’est que la société organise son système d’enseignement, en marge de l’Etat et de son ingérence, définissant elle-même comment appliquer ses ressources et en faisant la gestion directe, en construisant un système d’enseignement qui soit le reflet de ses intérêts et de ses désirs. C’est ce que les anarchistes appellent l’autogestion.

Anarchisme et philosophie de l’éducation

Prendre les principes philosophico-politiques de l’anarchisme comme référence pour penser l’éducation contemporaine est par-là même une entreprise de changement ; si on peut, d’un côté, systématiser de tels principes à partir des classiques du siècle passé et du début de celui-ci, en les transposant en fonction de nos problèmes actuels, nous ne trouvons pas encore, cependant, un « sol ferme » pour la réponse à nos problèmes – pas dans le sens où elles n’ont pas de consistance -, mais parce que ces théoriciens indiquent toujours une réalité en construction qui traite de la déconstruction de notre quotidien. S’il y a un lieu et un sens pour l’école anarchiste aujourd’hui, c’est celui de la confrontation ; une pédagogie libertaire de fait est incompatible avec la structure de l’Etat et celle de la société capitaliste. Marx a déjà montré d’une part qu’une société se transforme seulement quand le mode de production qui la soutient à épuisé toutes ses possibilités ; Deleuze et Guattari montrent, d’autre part, que le capitalisme présente « une élasticité », une capacité d’élargir les limites de ses possibilités. Bien sûr, sa constante d’élasticité n’est pas infinie ; pour une école anarchiste, aujourd’hui, il s’agit bien de tester cette élasticité, en la mettant sous tension en permanence, en cherchant les points de rupture qui permettent l’émergence du nouveau à travers le développement des consciences et des actes qui cherchent à échapper aux limites du capitalisme.

Sur les aspects de la formation individuelle, H.Arvon affirmait déjà, en 1979, que pour une société de transformations rapides comme la nôtre, le projet éducatif anarchiste semble être celui qui répond le mieux aux nécessités d’une éducation de qualité. Le développement scientifiquo-technique et particulièrement les transformations géopolitiques durant ces dernières quinze années sont venu confirmer la nécessité d’une éducation dynamique et autonome, qui rencontre chaque fois davantage de meilleures possibilités de réalisation avec le support de l’informatique et des multimédias. Nous ne pouvons pas, néanmoins, laisser la perspective libertaire éducative elle-même absorbée par le capitalisme, neutralisant son caractère politique transformateur, l’emportant dans un contexte de liberté individuelle et débouchant sur une forme de Nouvelle Ecole équipée par les nouvelles technologies. Le caractère politique de la pédagogie libertaire doit être constamment réaffirmé, dans la tentative d’empêcher l’apparition d’une nouvelle masse d’exclus, tant du flux de l’information, que des machines qui en permettent l’accès.

En outre, le développement technologique qui nous emmène chaque fois par la voie la plus rapide à une « société informatique », pour utiliser l’expression d’Adam Schaff, définit un horizon de possibilités futures assez intéressantes ; dans une société qui politiquement ne se définit plus comme basée sur les propriétaires des moyens de productions, mais basée sur ceux qui ont un accès et un contrôle des moyens d’information, nous trouvons face à deux possibilités : la réalisation d’un totalitarisme absolu basé sur le contrôle du flux d’information, comme le pense Orwell dans son livre 1984 ou Huxley dans son admirable Le Meilleur des Mondes, ou alors la réalisation de l’antique utopie de la démocratie directe, étendant le flux d’information autogéré à l’ensemble de la société. En d’autres termes le développement de la société informatique semble rendre possible les deux sociétés, l’une à l’antipode de l’autre : la totalitaire avec l’Etat absolu ou l’anarchiste, absolument sans Etat ; l’école serait fondée évidement sur une option politique qui serait seulement possible à travers la conscience et l’information, apparaît alors la figure de l’éducation, formelle ou informelle, qui irait dans le sens du renforcement d’une telle conscientisation.

Mais la possibilité de travail qui me paraît la plus proche en ce moment, c’est de penser la philosophie de l’éducation dans le cadre du paradigme anarchiste. Si une telle philosophie de l’éducation peut servir de support théorique pour la construction de ce projet d’éducation qui a pour but l’autogestion et la vraie démocratie que la technologie peut finalement rendre possible à travers un réseau planétaire qui fait exploser les frontières des Etats Nations, elle peut aussi nous servir d’outil d’analyse et de critique de la société capitaliste et de sa théorie de l’éducation, ainsi que du système d’éducation qui est constitué par elle - la dualité toujours ambiguë des systèmes publics et privés. Dans le cas spécifique du Brésil contemporain, elle peut se constituer comme un intéressant référentiel dans la discussion et l’analyse des graves problèmes éducatifs que nous affrontons, selon une perspective assez singulière, comme dans le cas de la qualité de l’enseignement et de l’école rendue publique et démocratisée, emmenant des contributions créatives différentes des usages en vigueur.

Dans le contexte de la polarisation de la philosophie de l’éducation brésilienne entre la tendance néo-liberale partisane de la privatisation - héritière des tendances traditionalistes, de celles de l’École nouvelle et des technicistes, expressions idéologiques de la reproduction du système, et une tendance dialectique qui, à son tour, se trouve divisée en différentes propositions d’analyse et qui a été – faussement - mise en échec comme paradigme, à la suite de la crise du dit « socialisme réel », et considérée comme étant en faillite au profit du triomphe du libéralisme - neuf ou vieux, peu importe - et de l’instauration d’un « nouvel ordre mondial », centré sur le paradigme libéral, la tendance anarchiste ou libertaire peut apparaître comme une autre référence pour l’analyse, en montrant, explicitement que, comme l’a chanté Caetano Veloso, « il y a quelque chose en dehors du nouvel ordre mondial ».

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Source :

http://www.educacao.pro.br/anarquismo.htm ( lien mort)

Sui Generis


Voir en ligne : Source : Enciclopédia de Filosofia da Educação