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COLEMAN, Yves. Quelques précisions à propos de "La triste farce de la ’victoire’ du non"
Article mis en ligne le 14 avril 2006
dernière modification le 30 novembre 2015

par r-c.
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"Une campagne du non où l’internationalisme a été totalement absent"

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1. COLEMAN, Yves. "La farce de la ’victoire’ du non". Du nationalisme des partis bourgeois de gauche et des manœuvres politiciennes de l’extrême gauche, trotskyste et libertaire

Un camarade de la LCR m’écrit :

« Tu es trop critique à l’égard de la LCR quant à l’internationalisme. Le meeting du 8 avril 2005 à la Mutualité était internationaliste (Bloc de Gauche, SSP, Rifundazione et message de Ken Loach), « Rouge » a fait plusieurs articles sur le débat sur la Constitution ailleurs (notamment sur les 200 000 manifestant-es devant le Parlement grec qui ratifiait la Constitution), un camarade va faire un meeting à Barcelone la semaine prochaine, tout comme nos camarades d’Espacio Alternativo étaient venus en France durant la campagne. »

Dont acte.

Néanmoins, la METHODE de pensée et de travail de la LCR n’est pas internationaliste : une telle méthode supposerait d’avoir travaillé ensemble depuis des décennies avec les organisations sœurs de la Quatrième Internationale (au minimum) pour bâtir une analyse, des actions et des campagnes communes. Et loin de moi l’idée de créer une Internationale qui marche au pas sous la férule d’une section ou d’une direction omnisciente...

Il n’est guère productif d’inviter une fois ou deux fois par an quelques orateurs (dont les positions politiques, dans le cas du meeting du 8 avril, n’étaient pas du tout claires) dans un pays ou dans un autre, et de juxtaposer à la va-vite des analyses nationales reliées par une vague dénonciation de la « mondialisation néo-libérale ».

Il est quand même incroyable qu’une organisation qui affiche une tradition internationaliste ne s’en serve pas pour raisonner d’une autre façon. LO [Lutte ouvrière] polémiquait avec la LCR dans les années 70 parce que celle-ci croyait en la factibilité de l’Europe et pas LO. Mandel avait écrit d’ailleurs écrit un livre il y a 30 ans environ qui s’appelait La réponse socialiste au défi américain où il avançait quelques hypothèses allant dans ce sens.

Or cette souplesse d’interprétation, plutôt positive, vis-à-vis d’une évolution possible de la réalité européenne n’a pas amené pas la LCR à penser son action dans un cadre européen avec d’autres révolutionnaires, ne serait-ce qu’en se limitant aux sections de la Quatrième Internationale. En clair à créer un parti vraiment européen, fût-il « trotskiste pur jus ».

Ce repli national entraîne d’autant plus la LCR (et ses organisations sœurs) à des calculs strictement politiciens : appartenir à des blocs électoraux nationaux qui sont inévitablement amenés à cogérer la crise. Un exemple : Bertinotti du PRC, Parti de la Refondation communiste, veut revenir au pouvoir avec DS (les Démocrates de gauche, ex-majorité du PCI) en Italie. Donc demain les camarades proches de la LCR en Italie qui militent dans le PRC se trouveront dans la même situation qu’au Brésil, au sein du PT face à Lula et sa politique anti-ouvrière. Pourquoi ne pas anticiper les situations et les difficultés, plutôt de répéter exactement les mêmes erreurs pays par pays ? Ou alors c’est qu’on pense que la lutte pour le socialisme à l’échelle internationale est impossible. Dans ce cas il faut le dire, et faire son congrès de “refondation” idéologique, comme le SPD allemand à Bad-Godesberg, et ne plus se réclamer du « communisme révolutionnaire ». Au moins, les choses seront plus claires.

Avec toute l’offensive idéologique menée depuis deux jours dans les médias sur les prétendues “solutions” apportées au chômage en Angleterre, en Suède, au Danemark, on va avoir besoin d’un sacré paquet d’infos pour contrer cette propagande. Or nous serions EN AVANCE sur cette offensive si nous expliquions depuis des années à quel point les “solutions” dans les autres pays augmentent les « working poors » (les travailleurs qui ont un boulot mais vivent dans la pauvreté), au lieu de simplement défendre les “conquêtes de 36, 45 ou 68” comme le fait l’extrême gauche, y compris la LCR. Si au lieu d’opposer explicitement ou implicitement un modèle « anglo-saxon » (inexistant puisque la situation en Angleterre est très différente de celle des Etats-Unis) à un modèle français, nous raisonnions au-delà des frontières

YC. (2 juin 2005.)

Textes suivants du débat

3. Lettre de Xavier

4. COLEMAN, Yves. Réponse à Xavier

5. Lettre de Julien sur la victoire du "non"

6. DAVRANCHE, Guillaume. Réponse à Yves Coleman

7. COLEMAN, Yves. Bref commentaire sur les procédés d’un plumitif « libertaire »

8. Temps critiques Quelques remarques sur « La farce de la victoire du non »

9. COLEMAN, Yves. Réponse à Temps critiques : malentendus et désaccords

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