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Biographie
Les Temps nouveaux N° 54 - 1912
Article mis en ligne le 7 mai 2006
dernière modification le 27 juin 2015

par r-c.
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Paul BERTHELOT, connu aussi chez les espérantistes et les anarchistes sous le pseudonyme de Marcelo Verema, nous est apparu de Rio de Janeiro, il y a quatre ans, venant de Montevideo, la verda stela sur son bonnet.

Sa simplicité, sa sobriété, sa franchise parfois brutale, son intelligence, sa vaste culture, spéciale en chimie, botanique et physiologie, sa connaissance de l’idée anarchiste et le charme de sa conversation lui ont bientôt acquis l’estime des camarades et l’admiration de beaucoup d’autres.

Il parlait très rarement de sa personne. Je crois qu’il était né à Paris [1] ; du moins il y faisait sa médecine, quand il dut quitter la France pour fuir la caserne, ne se sentant pas la force physique pour y soutenir une lutte, que cependant il croyait utile.

Il alors beaucoup voyagé. Orphelin depuis longtemps, son tuteur avait mal administré sa fortune, il en abandonna un reste à une vieille tante. Pour vivre, à l’étranger, il apprit le métier de typographe. A Rio, il obtint la place de professeur de français et d’espéranto à l’Académie Berlitz, puis celle de directeur de la succursale de Petropolis, ville d’été et résidence de diplomates. Cette place, il l’a perdue pour propagande antimilitariste.

Après une période de misère, il allait pouvoir retourner en Europe, quand une femme, professeur d’indiens, lui parla des mœurs, des qualités et de la douceur de ses élèves sauvages, ainsi que de la fertilité des terres occupées par eux.

Et le voilà qui, d’accord avec un groupe d’amis, décide d’aller étudier les primitifs et les lieux. D’ailleurs, ne serait-il pas possible de profiter de leurs tendances communistes, conquérir leur appui et établir dans leurs régions une colonie libre, qui pourrait aussi rester ouverte aux persécutés des régions d’oppression ?...

Il s’arrêta d’abord à Leopoldina, État de Goyaz, sur la rivière Araguaya, à quinze jours de voyage de San-Paulo. Un camarade, qui l’avait accompagné, l’y quitta quelques mois après. Plus tard, après avoir étudié les Indiens et appris leur langue, tout en collaborant aux journaux amis de San-Paulo et en écrivant "L’Évangile de l’Heure",il continua son voyage vers le nord, voulant atteindre Belém-do-Para. Il mourut à Conceiçâo-do-Araguya, en août 1910, âgé de 30 ans. Son rapport qu’il m’avait écrit être fini, ne nous est pas malheureusement parvenu.

Kropotkine a écrit, à propos d’Élisée Reclus : « L’anarchie a déjà produit une série de caractères d’une exquise beauté. » Berthelot en était. Comme Reclus, il était anarchiste jusqu’au plus profond de son être ; comme lui, il n’a pas connu l’hypocrisie du despote et de l’ambitieux. La mort a rompu net l’espérance qu’il représentait pour nous.

NENO VASCO

Notes :

[1Selon une source espérantiste, il est né à Auxerre


flèche Sur le web : Source : Bibliolib : biographie, "L’Evangile de l’heure"

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