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Biographie (1895 - 24 décembre 1975)
Article mis en ligne le 18 août 2006

par r-c.
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Fils de révolutionnaires qui ont dû fuir le régime du tsar de Russie, Nicolas Lazarevitch passe sa jeunesse en Belgique. A 24 ans, en 1919, il s’enrôle dans l’armée russe.

Puis, en 1921, il est embauché à l’usine Dynamo près de Moscou ; il y mène des activités anarcho-syndicalistes avec Alexis MASLOV. Il publie ainsi des tracts qui dénoncent les baisses de salaire, la propagande en faveur des méthodes tayloristes, l’accord économique entre l’Angleterre et l’U.R.S.S., tout en présentant toujours une alternative syndicaliste-révolutionnaire. Les tracts sont semés la nuit sur les établis de l’usine, collés sur les affiches officielles, lus en public ou transmis sous le manteau. Le groupe est finalement repéré et démantelé par les arrestations. Il sera arrêté le 7 octobre 1924 pour "organisation clandestine de travailleurs". Il est condamné à 3 ans de détention (Lubianka, Butyrki, camp de Souzdal, prison centrale de Vladimir). Mais ses liens avec la gauche antistalinienne en Russie même, notamment Boris Souvarine, permettent une campagne d’opinion en France. Il sera libéré à la fin septembre 1926, puis expulsé d’Union soviétique. Il publie un ouvrage, Ce que j’ai vécu en Russie.

En tant que représentant du Syndicat autonome des métallurgistes de la Seine, il participe à la Bourse du Travail de Paris à un meeting sur les syndicats en URSS. Il va désormais utiliser sa connaissance vécue de l’Union Soviétique pour mener toute sa vie une campagne contre la désinformation communiste

Lazarevitch participe au CIDA, Comité International de Défense Anarchiste, fondé entre autres par VOLINE. Il écrit "Lettre de Russie" en 1927, il entame une tournée en France qui le conduit à St-Étienne, Lyon, Marseille, Toulon, La Ciotat, Le Havre…). Son objectif : faire prendre conscience du sort des prisonniers politiques politiques en URSS et exercer ainsi une pression sur l’ambassade de ce pays. Il publie dans La Révolution prolétarienne [1] une sévère critique d’un ouvrage de Schumacher, publié par la CGTU, qui célèbre l’Union Soviétique.

En novembre 1929, Francesco GHEZZI est arrêté. Lazarevitch participe au comité de défense et rédige un article pour Le Libertaire (N° 206). Avec sa compagne Ida METT, il mène une activité incessante pour la défense des prisonniers politiques en Russie. Tous deux signent un "Appel à l’opinion publique révolutionnaire mondiale" du Comité International contre la Répression antiprolétarienne en Russie, de Bruxelles.

En 1936, Lazarevitch dénonce la CNT qui, lors d’une visite à Moscou, ne manifeste pas sa solidarité avec les prisonniers politiques.

Après la Deuxième Guerre Mondiale, Lazarevitch participe avec Albert CAMUS au Groupe de Liaison Internationale (G.L.I.), suscité par le syndicaliste Roger Lapeyre (CGT-Force Ouvrière), contre notamment le stalinisme, « principal ennemi en Europe ». Mais ce groupe se dissous bientôt et Lazareff publiera, de 1950 à 1958, soixante numéros d’une revue qui, malheureusement, restera assez confidentielle, La Réalité russe, essentiellement consacrée à traduire des articles de la prese soviétique. En dépit des impératifs de propagande, ils laissent entrevoir des critiques qui, pour Lazareff, témoignent d’une volonté du peuple de se libérer du stalinisme.

Notes :

[1(juillet 1928) N°6


flèche Sur le web : Laurent COUMEL, "La Réalité russe. Un militant anarchiste [Nicolas LAZAREVITCH] lit les journaux soviétiques (1950-1958)", Bulletin Institut Pierre Renouvin, novembre 1999

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