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Préambule
Article mis en ligne le 10 avril 2007

par r-c.
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Après avoir connu des alternatives de consécration enthousiaste et de proscriptions arbitraires, après avoir été le champ clos de la lutte entre les partis, la Marseillaise retentit aujourd’hui dans les cérémonies officielles et dans les réunions des « fronts » opposés.

On peut dire que jamais, en temps de paix, elle n’a connu pareille vogue.

Elle produit ce miracle de rallier à elle ouvriers et bourgeois, conservateurs et révolutionnaires, républicains et royalistes, radicaux et socialistes, croyants et incroyants. C’est comme l’union sacrée sur le plan de la chanson.

Le 6 février 1934, c’est au chant de la Marseillaise que les muscadins des Jeunesses Patriotes, les camelots du roy, les Croix de Feu et autres champions du Fascisme et de la Réaction s’essayaient, place de la Concorde, à étrangler « la Gueuse ». Et c’est encore au chant de la Marseillaise, combiné il est vrai au chant de l’Internationale, qu’au cours de manifestations imposantes, des millions de partisans du Front Populaire défilèrent par la suite dans les grandes artères de la capitale.

Le film qui devait être projeté sur « la Révolution française » à l’occasion de l’Exposition et qui a suscité par ailleurs la protestation de tant d’historiens et de pacifistes s’intitule la Marseillaise. Et le centenaire de la mort de Rouget de Lisle a été célébré en grande pompe aux Invalides et à Choisy-le-Roi.

Dans la cour du plus grand musée militaire du monde et non loin du mausolée où reposent les centres de « l’Ogre », M. Albert Lebrun, président de la République, magnifia la Marseillaise en présence de tout un aréopage de généraux et d’officiers. 900 exécutants de musiques militaires participèrent à cette « apothéose » [1]. A Choisy-le-Roi, aux accents de chorales, d’harmonies, d’orchestres populaires et en présence d’une foule nombreuse, on vit Maurice Thorez, secrétaire général d’un Parti de Révolution, se réclament de la lutte de classes et de l’internationalisme ouvrier, glorifier l’auteur de la Marseillaise côte à côte avec des représentants officiels [2].

Rapprochement symbolique et dont l’importance ne saurait échapper à personne. Il n’a pas été toutefois suffisamment mis en relief. Quinze ans plus tôt, en effet, quand la guerre faisait rage et pour réchauffer l’union sacrée, les cendres de Rouget de Lisle furent transportées aux Invalides. A cette occasion, et au milieu de tout un déploiement militaire, Raymond Poincaré « président de la Réaction et de la Guerre », fit l’apologie de la Marseillaise en qui s’exprime, disait-il, « l’âme éternelle de la Patrie » [3].

Le peuple, alors, formait le prolétariat des batailles. L’avilissement du mouvement ouvrier était grand. Malgré cela, aucune des organisations de classe de l’époque ne daigna participer à la cérémonie et l’Humanité se contenta d’inviter les socialistes à participer individuellement au défilé [4].

Les temps sont changés, il faut le croire. Et c’est pourquoi il n’est pas mauvais qu’à la lumière de l’histoire, après avoir recherché l’origine et le sens profond de la Marseillaise, après avoir retracé l’origine, le développement et l’idéologie de l’Internationale, nous fassions les comparaisons et les réflexions qui s’imposent.

Chapitres suivants :

La "Marseillaise" chant de guerre

Du Second Empire à la Commune

Rouget de Lisle et Eugène Pottier

La "Lyre des travailleurs"

"L’Internationale" dotée de musique

Lente expansion de "L’Internationale"

L’essor en France de "L’Internationale"

Lent cheminement de "L’Internationale" sur le plan mondial

L’essor mondial de "L’Internationale" après guerre

Notes :

[1Journaux du temps.

[2L’Humanité, 29 juin 1936.– L’Humanité du 28 juin donne le discours apologétique sur la Marseillaise prononcé par M. Thorez, le 26 juin, salle Pleyel.

[3La Marseillaise, par H. Coutant, p. 2.

[4L’Humanité, 14 juillet 1915, article de G. Rouanet.


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