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Entretien avec Maurice Rajsfus
Réflexions sur la police française
Article mis en ligne le 28 avril 2007
dernière modification le 14 mars 2008

par r-c.
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Historien de la répression, acteur des luttes de son temps, Maurice Rajsfus a traversé les dernières décennies sans jamais songer à déposer les armes. Rencontre.

Chroniqueur dans No Pasaran et dans Ras’l’front, auteur de nombreux ouvrages sur la police française ainsi que sur le régime de Vichy, Maurice Rajsfus est un vieux compagnon de la gauche radicale. Toujours attentif, ouvert, définitivement à contre courant d’une époque en proie aux sirènes sécuritaires et à l’individualisme forcené, sa rage et sa volonté de justice nous renforcent.

Tu peux nous présenter le bulletin Que fait la police ?

Que fait la police ? existe depuis 1994. On l’a créé un an après l’assassinat de Makomé au commissariat des Grandes Carrières, le 6 avril 1993. Il a duré 12 ans, d’avril 1994 à avril 2006.

« On a créé », ça veut dire que vous étiez plusieurs ?

On était très peu. On était trois au départ, puis deux à l’arrivée. Je me suis retrouvé tout seul au mois de mai 2006, quand mon camarade Alexis Violet est mort. Depuis le mois de juillet, le bulletin est sur internet, à l’adresse http://quefaitlapolice.samizdat.net . Il sort tous les mois avec une ponctualité d’horloge.

Quelle est ton actualité ?

Mon dernier livre s’appelle « La France Bleu Marine », il a paru cet hiver, et présente les discours des ministres de l’intérieur successifs de mai 68 avec Marcellin, à Sarkozy en 2005, croisés avec ceux des syndicats de police. Je sors bientôt une bande dessinée, qui va s’appeler « Moussa et David ». Elle se déroule de part et d’autre de la « clôture de sécurité », comme ils disent, entre Israël et ce qui reste de la Palestine.

Israël, tu y es allé en 1984. Est-ce que tu y es retourné depuis ?

Ma dernière visite là-bas, c’était en 1987, puis je suis allé de l’autre côté de la frontière, sur la rive de la Mer Morte, en Jordanie. Je n’y suis jamais retourné. Ma religion était faite depuis longtemps, si l’on peut dire. Mais je n’ai pas renoncé à m’intéresser au problème, je participe à des débats sur la véritable guerre qui se perpétue là-bas.

Dans un vidéo-reportage réalisé par No Pasaran en 1999, tu disais : « je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir de cette région du monde, mais la montée des fondamentalismes réciproques va conduire à une explosion ». Ton regard sur la situation présente ?

Les affrontements nationalistes se sont peu à peu transformés, du fait d’Israël, en affrontements interreligieux. Mon regard, c’est que là-bas, tout le monde va dans le mur, et qu’Israël n’hésiterait pas à déclencher un conflit mondial uniquement pour avoir le droit de se protéger. Il y a une histoire que j’aime bien raconter, ça se passe en 1904 durant la guerre russo-japonaise, à Port Arthur, pas loin de la Corée actuelle. Dans la tranchée russe, l’officier ordonne d’ouvrir le feu, tout le monde tire, sauf un petit juif qui est là, et qui regarde. L’officier l’engueule, et lui demande pourquoi il n’a pas tiré, et le petit juif lui répond : « ce n’est pas possible, il y a des gens qui passent là-bas ». Ce sont les arrières-petits-fils de cet humaniste qui ont fait la guerre au Liban, et d’autres guerres avant.

Ça fait soixante ans que tu milites, au moins ?

Oui, j’ai commencé militer en août 1944, date de la Libération. J’ai été raflé par la police française le 16 juillet 1942, avec ma famille, d’où ma grande affection pour la maréchaussée. Ayant eu la chance d’en réchapper, j’ai aussitôt adhéré aux Jeunesses communistes. Parce que j’étais persuadé qu’on allait faire la révolution. J’avais 16 ans, c’est l’âge des grands romantismes. Mais j’avais déjà un passé assez lourd, puisqu’en 1937/1938, mes parents m’avaient mis, avec ma sœur, dans une colonie de vacances du PC, où on faisait de nous, à 10 ans, des petits militants durs comme l’acier. Quand je dis dur comme l’acier, je veux dire comme Staline, parce que son nom signifie l’acier. Et ça laisse des traces d’apprendre à chanter l’Internationale, la Jeune Garde, la Varsovienne. J’adhère donc aux Jeunesses communistes en 1944, et je m’aperçois au bout de deux ans qu’on fait n’importe quoi là-dedans, tout sauf préparer la révolution. Je suis détecté comme un élément incontrôlable, donc dangereux pour l’institution du PC. Je suis méchamment exclu – je dis méchamment parce qu’il y a eu des coups – comme provocateur policier et agent hitléro-trotskyste. C’était le jargon de l’époque.

Je voudrais que tu reviennes sur les années 1942 et 1944. Comment as-tu réussi à survivre ?

Eh bien, je me le demande encore. Je l’ai raconté dans mes bouquins. J’ai été arrêté avec mes parents le 16 juillet 1942 et par un hasard dont je ne m’explique pas encore les raisons, j’ai été relâché le soir avec ma sœur. La circulaire d’application de la rafle spécifiait qu’on arrête ce jour-là uniquement des juifs étrangers de 16 à 45 ans. Or ils ont arrêté 4000 mômes, pratiquement tous français par le droit du sol. Comment j’ai vécu ? Je suis rentré dans le petit appartement de mes parents le soir, avec ma sœur, et on a survécu comme on a pu. Ma mère avait vidé ses poches et avait donné à ma sœur le peu d’argent qu’elle avait. Moi je suis devenu apprenti, je gagnais 4 sous. J’étais sertisseur joaillier, je n’étais pratiquement pas payé, on a vécu très durement la période de la guerre, parce qu’il n’y avait rien à bouffer avec les tickets d’alimentation.

Vous êtes restés dans l’appartement de vos parents ?

Oui, on nous a oubliés. Heureusement d’ailleurs. On n’a jamais entendu parler ni de la Croix Rouge, ni des services sociaux de la mairie, rien. Plus tard, quand j’ai été exclu du PC, j’étais très malheureux, j’ai rencontré les auberges de jeunesse, qui étaient à l’époque un mouvement extraordinaire qui rassemblait des milliers de jeunes. C’était à la fois un mouvement de loisir et un mouvement revendicatif, on y rencontrait des anars et des trotskistes. Moi, j’ai été pêché par les trotskistes.

Lesquels ? Le PCI ?

À l’époque, il n’y avait que le PCI. Le petit groupe qui allait devenir plus tard Lutte Ouvrière était groupusculaire. Je ne suis pas resté longtemps non plus au PCI, je suis arrivé à l’automne 46, et puis j’ai quitté la 4ème Internationale avec le groupe Socialisme ou Barbarie, de Castoriadis, début 49. J’aurais pu faire des choix plus mauvais… Dans les années qui suivent, je tourne un peu en rond, et je recommence véritablement à militer lors de la guerre d’Algérie. Avec deux amis, on a constitué un comité contre le départ du contingent en Algérie. qui a vu s’agglomérer à nous des dizaines de mouvements de jeunesse, et qui est devenu un truc très important jusqu’au moment où on a voulu faire un meeting à la Mutualité, qui a été interdit parce que le PCF nous présentait comme des provocateurs. Une partie de ceux qui soutenaient les réseaux hostiles à la guerre d’Algérie se sont retrouvés dans les mouvements qui ont abouti, en 1960, à la création du PSU. J’ai fondé le PSU à Vincennes, j’en ai été le secrétaire jusqu’en 1965. J’étais même chargé par une direction parallèle et occulte, de surveiller les officiers OAS qui arrivaient d’Algérie. Je dirai pas qui était le général en chef, parce que ça lui ferait du tort, mais c’est un monsieur très convenable maintenant...

Qui ?

Je recevais mes directives d’Alain Geismar. J’ai même gardé des petits mots doux de l’époque, « il faut surveiller le colonel Untel, le lieutenant Machin ».

A cette époque, tu vivais de quoi ?

J’étais journaliste. Après la guerre, j’ai traîné la galère pendant des années parce que je n’avais pas envie de travailler, j’avais juste envie de faire la révolution, c’est original ! Seulement, je n’avais pas encore compris que quand on veut préparer la révolution, on ne peut pas être en marge, il faut travailler, être au côté des autres. Alors pendant presque dix ans, j’ai fait de tout, j’ai été docker à Bercy, j’ai travaillé dans une usine d’outillage où je sabotais le matériel, j’ai été enquêteur à l’IFOP, je faisais aussi des patronages et des colonies de vacance, des petits boulots, quoi ! Et puis j’ai fait du théâtre, j’ai été comédien.

A partir de quel moment t’es-tu mis à faire de la recherche sur l’anticolonialisme, sur la police de Vichy, sur le camp de Drancy ?

J’ai commencé mes recherches à la fin des années 70. Elles concernaient la police française sous l’Occupation. Au CDJC, le Centre de Documentation Juive Contemporaine, je suis tombé sur la pire des choses : les archives de l’Union Israélite de France, qui était un petit organisme de notables, qui a collaboré avec Vichy. J’ai sorti un gros bouquin, qui s’appelle « les Juifs dans la Collaboration », qui m’a valu beaucoup d’ennuis à l’époque. Puis je me suis intéressé au problème palestinien. Et ensuite, j’ai beaucoup écrit, je suis devenu peu à peu, une sorte d’historien de la répression.

Oui, mais un historien contesté par le système…

Bien sûr, parce que je suis pas issu de l’institution des historiens. Et pour leur faire un pied de nez, moi qui n’avais que le certificat d’études - j’ai quitté le collège à 14 ans - en 1992, j’ai passé un doctorat d’État de sociologie.

Tu as été parmi les premiers travailler sur la police de Vichy.

J’ai été le premier. Si tu prends tous les livres qui ont été écrits ces dernières années sur la collaboration, tu ne trouves jamais un chapitre sur le sujet, même chez Henri Rousso ou Azema. Mon premier papier sur ce thème a été publié dans Le Monde, le 9 juillet 1982. Il était intitulé : « 40 ans après, je n’ai pas oublié ». C’était la première fois que la presse française publiait un papier sur le rôle de la police sous l’Occupation. Avant, c’était tabou. Ne pas oublier que dans Nuit et Brouillard en 1957, le réalisateur Alain Resnais n’a eu l’autorisation de projeter que parce qu’il avait effacé le képi d’un gendarme présent au camp de Pithiviers.

Est-ce que tu peux nous parler de la collaboration de la Police française, notamment sa participation aux rafles ? Et peut-on établir un lien avec ce qui se passe aujourd’hui ? Une constante de l’attitude policière, en quelque sorte ?

On peut faire le lien, sans faire d’amalgame. Quoi qu’on puisse penser de la police actuelle, et quel que soit son rôle abominable, ça ne conduit plus à Auschwitz. C’est encore une chance. Dès l’automne 40, Pétain a déclaré : « J’entre dans la voie de la collaboration ». Ça n’a pas irrité les 100 000 policiers de l’époque. Ils n’ont pas réagi. Et quand les nazis qui occupaient les deux tiers de la France ont demandé à la police de ficher les juifs de la zone occupée, ils l’ont fait. Donc ordre a été donné à tous les juifs de se déclarer dans les commissariats de police. Et sur la base des déclarations, ils ont fait des fichier, puis des rafles. La question fondamentale est : « Pourquoi est-ce que les gens ont été se déclarer ? ». Et bien, pour une raison extrêmement simple. En 1940, on avait le sentiment qu’on en prenait pour 50 ans d’occupation, et pour l’immigré, il ne faut jamais être en rupture avec la légalité du moment. Alors que les juifs immigrés y sont allés la tête basse et par contrainte, il y a des connards de bons israélites français qui y sont allés par gloriole.

Et tes parents ?


Ils y sont allés. Ils étaient originaires de Pologne. Mon père était arrivé en 1923 et ma mère en 1924. Même les communistes juifs s’y sont rendus, parce qu’on était encore sous le pacte germano-soviétique. En mars 1941, le Commissariat aux Questions Juives a été créé. Le 14 mai 1941, la première rafle dans Paris a correspondu à une vague d’arrestation sur convocation. 5000 hommes ont été convoqués dans leur commissariat d’arrondissement, par un document type « veuillez vous présenter pour affaire vous concernant ». Ceux qui sont venus, environ 3800, ont été immédiatement embarqués par les gendarmes et envoyés au camp de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. La deuxième rafle a eu lieu dans le 11ème arrondissement de Paris, les 20 et 21 août 1941, et là, sans distinction entre Français et étrangers. Lors de la première rafle, il ne s’agissait que d’étrangers. Le 14 mai 41, j’ai deux oncles qui ont été embarqués. Je me souviens qu’ils étaient venus la veille à la maison, à Vincennes, pour en parler avec mon père.

Donc en août 1941…

Les 20 et 21 août 1941, 3000 policiers encerclent le 11ème arrondissement, il n’y pas un seul Allemand sur le chemin. Ils arrêtent 4000 personnes, et ouvrent le camp de Drancy. Le 12 décembre 1941, la Gestapo rafle 800 « notables », avocats, magistrats, médecins. C’était une sorte de coup de semonce donné aux institutions juives pour qu’elles versent une amende d’un milliard à l’armée allemande, et qu’elle constitue cette organisation collaboratrice qui s’appelait « Union Générale des Institutions Juives de France ». C’est la seule rafle organisée par les nazis sous l’occupation.

Ensuite se sont succédé les épisodes : interdiction d’avoir un poste de radio à la maison. Pour nous c’était pas grave, parce qu’on n’en avait pas. À l’époque, un poste de radio, ça coûtait plus cher qu’une télé maintenant. Ensuite, interdiction d’avoir le téléphone, ce qui ne touchait qu’une minorité de personnes. Et puis est arrivée le 29 mai 1942 l’obligation de porter l’étoile jaune, qui est entrée en application le 7 juin 42. Puis la rafle du Vel d’hiv, le 16 juillet 42, où il y a eu 13150 personnes arrêtées dans Paris, dont 4000 mômes. Le 9 juillet, une semaine avant la rafle, une fois qu’on était marqués par l’étoile, il y a eu l’interdiction d’apparaître dans les lieux publics. Nous, on habitait à Vincennes, on avait le droit de traverser le bois, mais pas de s’arrêter. On ne pouvait pas entrer dans un magasin, ni un stade. Dans le métro, on devait utiliser le wagon de queue.
Après le 16 juillet 1942, il a fallu que le gouvernement de Vichy insiste auprès de la Gestapo pour que les enfants soient déportés, parce qu’ils ne l’avaient pas demandé. C’était signé Bousquet, un brave homme, futur ami de Mitterrand… N’avaient pas été concernés par la grande rafle du Vel d’Hiv les ressortissants des pays alliés de l’Allemagne. Donc n’avaient pas été arrêtés les Hongrois, les Roumains, les Turcs, et les Grecs. A l’automne 1942, en septembre et en Novembre, il va y avoir la nuit des Grecs, des Roumains et des Hongrois. À chaque fois, 2000 personnes sont arrêtées.

Tout ça à la demande de Vichy ?

Non, à la demande de la Gestapo. Mais c’est la police française qui exécute. Les rafles ont continué ponctuellement dans Paris, parmi les étrangers, en février 43 et à l’été 43, mais également en zone sud, en août 1942. Au final, il y a eu 76000 déportés, dont ne reviendront que 2500 personnes. Quand je pense que Serge Klarsfeld a osé dire que grâce à la population de ce pays, grâce aux Églises, seulement un quart des juifs français ont été déportés ! Il oublie de dire que sur les 76000 déportés, les trois quarts sont des étrangers ! Ça veut dire que les juifs étrangers de France ont été déportés à plus de 50%.

Quant à la police actuelle ?

On n’a pas tiré les leçons de l’histoire. Il n’y a jamais eu de procès de l’institution policière pour son rôle sous l’Occupation. Ce qui a permis De Gaulle, six semaines après la libération de Paris, de décorer la police de la fourragère rouge, pour avoir pris la Préfecture de Paris le 19 août 1944, à la 25ème heure. Très peu de flics ont été réprimés. 4500 ont été jugés par leurs pairs, dans des comités d’épuration. Les plus pourris d’entre eux ont été écartés de l’institution, puis réintégrés pour vice de forme, au fil des années, par le préfet socialiste Beylot. On en retrouvera une partie dans l’état-major de la Police Parisienne, le 17 octobre 61. Un flic qui avait 25 ans en 1942, en a 44 en 1961. Beaucoup ont pu faire les deux opérations, les rafles et le massacre des Algériens. A partir de 1960 vont entrer dans la police des éléments issus des troupes d’Indochine, puis des troupes d’Algérie. Ce qui va conforter la moralité moyenne de la police de ce pays. Il y aura les épisodes qu’on connaît : mai 68, et un certain nombre de provocations abominables, comme la manifestation des sidérurgistes le 23 mars 1979 à Paris, où on voit des policiers en civil lancer des pavés dans les vitrines des banques afin de mettre un peu d’agitation dans la rue.

Et aujourd’hui ?

Le policier de 2006, il n’en a rien à faire de savoir ce que devient la personne qu’il arrête, pas plus qu’en 1942/43 pendant les rafles. Il y a une différence notable quand même, qui est très importante à mon avis : c’est qu’à l’époque le policier était un pauvre type qui n’avait que le certificat d’études, et qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Et qui réprimait l’étranger parce que dans la police, on n’aime pas les étrangers. Il faisait quinze jours d’école de police. Maintenant, on rentre dans la police avec un niveau bac, on fait un an d’école de Police, et on est sensé, en sortant, n’être ni raciste, ni brutal, ni sexiste… Quand les flics nous ont raflé en 1942, ils ont été violents, ils ont été ignobles, mais ils ne nous ont pas traités de sales juifs. Quand ils traquent les mômes dans les banlieues maintenant, ils les traitent de sales bougnoules. Ça veut dire que qualitativement parlant, ça ne s’est pas arrangé.

Que dire de tous les flics noirs et arabes ?

Le problème des flics blacks ou beurs, c’est le même problème que celui des femmes flics. Ils ont besoin de prouver qu’ils sont aussi capables que les autres. Du coup, ils en font souvent un peu plus. Par ailleurs, les policiers originaires de la Réunion ou des Antilles n’aiment pas particulièrement les noirs africains. Je crois que la couleur n’a rien à voir avec tout ça. Quand on va à New York, dans Chinatown, tous les flics sont chinois. Dans les quartiers noirs, tous les flics sont noirs. C’était le programme de Chevènement. Il voulait une police qui ressemble à son quartier. C’est pour ça qu’il avait créé les adjoints de sécurité, les fameux emplois jeunes en 1997. L’autre jour, il y en a qui venait geindre à la télévision, et qui disait : « quand je viens dans mon quartier, on me traite de collabo. » Eh bien oui.

Quel regard tu portes sur la société quand tu observes les trente dernières années ?

J’essaie de mettre des lunettes grossissantes pour voir comment ça se passe. Ce n’est pas rassurant, il y a de moins en moins de projets collectifs. Chacun se replie sur son petit pré carré. Avant de songer à faire la révolution, il faudrait réveiller les vieilles solidarités, ça serait déjà un premier pas très important.

Par lequel de tes bouquins doit-on commencer ?

Il y en a beaucoup qui sont épuisés. « Les Français de la débâcle » raconte les premiers mois de l’Occupation. « De la victoire à la débâcle » relate le cheminement des démocraties dans les années trente, et l’arrivée d’Hitler au pouvoir. « Opération Étoile Jaune » est assez intéressant sur le comportement policier.

Entretien réalisé par Fred et Pâtre.

P.S. :

Jean-Marc Berlière, “Une police républicaine sous l’Occupation”, dans “Vingtième Siècle”, n° 94, avr-juin 2007.


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