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CYR, Marc-André. La Question nationale québécoise et les anarchistes
extrait de Marc-André Cyr, La Presse anarchiste au Québec (1976-2001). Préface par Michel NESTOR. Postface par Francis DUPUIS-DERI. Montréal : Les éditions Rouge et Noir. 220 p.Ill. Diffusion France : Atelier de Création Libertaire, Lyon.
Article mis en ligne le 10 septembre 2007
dernière modification le 22 juillet 2018

par r-c.
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Entre 1976 et 1995, une partie des anarchistes reconnaît que le Québec vit une oppression nationale ; même La Nuit, qui n’est aucunement indépendantiste, l’admet. Les journaux, par contre, se désintéressent progressivement de cette question. Démanarchie et Hé...Basta !, qui apparaissent en 1994, s’en moquent éperdument, et même Rebelles, pour qui l’indépendance était jusque-là un élément de discours incontournable, n’en parle presque plus après 1995.

Pour Le Q-Lotté, Rebelles et Hors d’Ordre, la solution à l’oppression nationale se trouve dans un changement social profond. Ils se positionnent pour une véritable libération, pour une indépendance progressiste, pour l’autonomie des individus et des communautés ; mais disent, du même souffle, fuir le nationalisme et l’État nation. Or, ces positions théoriques ne changent rien au fait que la majorité de la population, ainsi qu’une large part de la gauche, considèrent que la seule façon de régler la question nationale québécoise se trouve dans la souveraineté-association. Pour la majorité des Québécoises et des Québécois, indépendance, libération nationale et autonomie sont tous des synonymes de « souveraineté́ » ; et cette souveraineté, c’est le PQ, un parti de droite, réactionnaire et bourgeois, qui la met de l’avant.

Tout au long de la période, contrairement à ce que désiraient les anarchistes, la gauche indépendantiste ne développe pas de voie autonome au Parti québécois [PQ], mais s’engage en faveur du projet péquiste. Ces journaux soutiennent donc des positions théoriques qui, compte tenu du monopole impossible à soutirer au PQ concernant cette question, ont peu d’échos dans la population. Les anarchistes défendant l’indépendance se retrouvent ainsi dans une impasse
difficile à surmonter, ce qui les mène peu à peu à abdiquer sur cette question. Après 1995, simultanément à l’arrivée de l’ancien conservateur Lucien Bouchard à la tête du PQ, l’antinationalisme devient alors dominant dans le discours anarchiste québécois. À ce jour, c’est encore cette analyse qui prédomine au sein du mouvement.


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