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DAVRANCHE, Guillaume. " Il y a 100 ans : Le congrès d’Amsterdam veut clarifier l’anarchisme"
Article mis en ligne le 15 octobre 2007

par r-c.
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En août 1907, le congrès d’Amsterdam fait le point sur le mouvement anarchiste mondial, et augure de la naissance du courant communiste libertaire. C’est également un temps fort pour le syndicalisme révolutionnaire.

Le 26 août 1907 s’ouvre à Amsterdam, pour cinq jours, un congrès anarchiste international qui fera date. C’est le premier de cette ampleur.

Un grand nombre de pays y sont représentés : Russie et Pologne, France, Espagne, Grande-Bretagne, Belgique, Hollande, Argentine, États-Unis, Italie, Serbie, Bulgarie, Autriche et Bohême. Dans les délégations, on trouve la « crème » de l’anarchisme mondial : l’Italien Errico Malatesta, la Russo-Américaine Emma Goldmann, l’Allemand Rudolf Rocker, le Hollandais Christian Cornélissen, les Autrichiens Siegfried Nacht et Pierre Ramus, les Russes Nicolas Rogdaef et Alexandre Schapiro, les Français René de Marmande, Benoît Broutchoux et Pierre Monatte, et d’autres encore à la réputation moins établie. Au total près de quatre-vingts délégué-e-s, à titre individuel ou représentants de groupes et fédérations. La plupart des débats sont publics et suivis par une importante assistance et de nombreux journalistes.

La veille de l’ouverture, un meeting international est organisé dans le jardin public du Plancius, devant un millier d’auditeurs et d’auditrices. On entonne l’Internationale, on vilipende le congrès de Stuttgart de la IIe Internationale qui s’est clos quelques jours plus tôt, on salue la Révolution russe (celle de 1905). Le congrès va compter 17 séances de travail, pour une douzaine de thèmes à l’ordre du jour. Par manque de temps la plupart ne seront pas traités, et les débats se concentreront sur quatre sujets : état des lieux du mouvement dans le monde, « anarchisme et organisation », « anarchisme et syndicalisme », « anarchisme et antimilitarisme ».

Concurrence avec la IIe Internationale

Depuis les années 1890, le syndicalisme est devenue la stratégie par excellence des anarchistes. Dans le mouvement ouvrier international, on en a vu de plus en plus accéder aux responsabilités. Cependant cette stratégie a porté ses fruits de façon inégale selon les pays. Dans certains pays latins - France, Espagne, Portugal - le syndicalisme révolutionnaire est devenu le courant dominant du mouvement ouvrier, la CGT française faisant figure de modèle [1]. Mais dans l’Hexagone qui est pourtant le centre de gravité du mouvement anarchiste, le courant politique en lui-même stagne toujours dans une lamentable désorganisation et offre ainsi un terreau à l’« anarchisme individualiste ». Dans les pays du Nord et de l’Est - Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Autriche-Hongrie -, la situation est inverse.

L’anarchisme est moins influent mais plus structuré. À défaut de pouvoir peser dans les grandes confédérations inféodées à la social-démocratie, les camarades ont réussi à influencer de petits syndicats autonomes. En revanche, ils se sont nettement séparés de l’individualisme et ont récemment constitué des organisations politiques - Fédération communiste libertaire en Hollande (avec Christian Cornélissen), Groupement communiste libertaire en Belgique, Fédération anarchiste d’Allemagne, de Bohême, Fédération des anarchistes parlant le Yiddish (Londres), etc.


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