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Francis RONSIN
Néo-malthusianisme
Mouvement social et révolutionnaire. Fin du XIXe-première moitié du XXe siècle.
Article mis en ligne le 13 décembre 2003
dernière modification le 24 avril 2015
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Pasteur, économiste libéral, Malthus avait proposé de lutter contre la misère en supprimant les aides aux pauvres et en les encourageant à limiter leur fécondité par des mariages tardifs. Très vite, des radicaux anglais et américains déformèrent sa pensée en préconisant le développement de la contraception. Cette évolution aboutit, à la fin du XIXe siècle, à la création, dans plusieurs pays, d’organisations militantes, dites néo-malthusiennes, qui s’employèrent à vulgariser la connaissance et l’usage des procédés contraceptifs.

La création d’un tel mouvement, en France en 1896, est due à Paul Robin. Paul Robin (1837-1912), avait un long passé de militant révolutionnaire : il avait été lié à Bakounine et à Marx et avait siégé au conseil de la Première Internationale. Il était également célèbre suite aux scandales provoqués par ses essais d’éducation libertaire dans le premier internat mixte en France : l’orphelinat de Cempuis. Paul Robin et ses disciples donnèrent au néo-malthusianisme français une orientation radicalement révolutionnaire. Deux slogans résument la base théorique de ce mouvement : "Assez de chair à plaisir ! de chair à travail ! de chair à canon !" -qui exhortait les prolétaires à cesser de fournir à la bourgeoisie des prostituées, des ouvriers et des soldats- et "Grève des ventres" qui adressait le même message en direction des femmes.

Jusqu’en 1914, ce mouvement se développa rapidement et fortement. Pourchassé, réprimé, il bénéficiait néanmoins de nombreux appuis : écrivains, artistes, chansonniers, grandes figures du féminisme radical telles que Gabrielle Petit, Nelly Roussel et Madeleine Pelletier..., socialistes, anarchistes, syndicalistes (bien que les marxistes dénonçaient vigoureusement l’origine réactionnaire du malthusianisme).

En 1920, les natalistes, très puissants en France où la natalité baissait depuis la fin du XVIIIe siècle, obtinrent le vote d’une loi interdisant la propagande néo-malthusienne et la divulgation des procédés contraceptifs et abortifs. En dépit des condamnations qu’ils subissaient, les néo-malthusiens français, autour d’Eugène Humbert (collaborateur de Robin depuis 1902) et de son épouse Jeanne, poursuivirent une action qui eut une certaine importance jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

A partir de 1956, l’action en faveur de la liberté de la contraception fut développée en France par le Mouvement Français pour le Planning Familial. Ce mouvement adopta les principes de Margaret Sanger, ancienne militante néo-malthusienne américaine qui, à partir de 1915, avait abandonné les références à Malthus et à la révolution, pour développer le birth control, uniquement soucieux du bonheur des familles, des femmes et des enfants.

Bibliographie

Sources

La Grande Réforme. Paris : 1931-1939 (Nr 1-100), 1946-1949 (Nr 1-39)

Etudes

Norman Himes. Medical History of contraception. New-York, 1936.

Angus Mac Laren : "Sex and Socialism : The Opposition of the French Left to Birth Control in the Nineteenth Century". Journal of the History of Ideas, juillet-septembre 1976.

Francis Ronsin : nombreuses publications, dont : La grève des ventres - Propagande néo-malthusienne et baisse de la natalité en France, 19e-20e siècles. Paris, Ed. Aubier, 1980.


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