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BANCQUART, M.-C. "L’anarchisme élément d’une dialectique de la création chez Anatole France"

dimanche 16 mars 2008, par ps

Revue d’histoire littéraire de la France (1999) 99 (3) pp. 403-411, 557-558.

L’anarchiste suscite d’abord chez France, après la Commune, le type du fanatique jeune à la conduite faussee. Evolution, marquée surtout par la querelle du "Disciple" et le scandale du Panama : France attaque en pamphlets toutes les institutions du temps. Il se trouve ainsi en accord avec les attaques des anarchistes des années 1890. Mais, persuadé que l’homme est nativement mauvais, il ne croit pas dans une société sans institutions. Il n’admet pas d’autre part les oeuvres fraternisantes ou néo-chrétiennes des écrivains anarchisants, dont il rend compte comme critique. Il écrit des oeuvres qui les imitent, mais pour les attaquer. L’Affaire Dreyfus le situe autrement. Mais, déçu par elle, il écrit des panoramas caricaturaux ou mythiques de l’histoire : il reprend positivement le type de l’anarchiste destructeur, pour abolir la ploutocratie, dans "L’Ile des Pingouins". Lors du regain de l’anarchisme en 1913, il proclame dans "La Révolte des anges" qu’il ne s’agit pas de détruire un régime, mais de modifier la mentalité millénaire des hommes.