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7 mai 19h30 Paris CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE.- Anarchie et Cinéma.- Carte blanche à Jean-Pierre BASTID
Gabriel Glissant
Article mis en ligne le 3 mars 2010
dernière modification le 13 mai 2010

par r-c.
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Le 7ème art et l’anarchie font décidément mauvais ménage, mais tant qu’il y a de la révolte, il y a de la vie. Dans le meilleur des cas, espérons que le cinématographe, comme toute écriture, devienne de plus en plus subversif.

Jean-Pierre Bastid

CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

51 rue de Bercy – Paris 12ème – M° Bercy

CINÉMA D’AVANT-GARDE / CONTRE-CULTURE GÉNÉRALE

Vendredi 7 mai 19h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid.

En présence de Fanny Glissant

La machette et le marteau

de Gabriel Glissant/Guadeloupe/1975/70’/16mm

Ce film sans concession qui a bénéficié d’une énorme écoute à la télévision en a fermé irrémédiablement la porte à son réalisateur. (JPBd)

Film surprise

Vendredi 7 mai 21h30 Carte blanche à Jean-Pierre Bastid.

Glauber Rocha et Juliet Berto

Claro

de Glauber Rocha/Italie/1975/111’/35mm

Produit par Juliet Berto. Avec Juliet Berto, Carmelo Bene, Tony Scott, Luis Waldon

Une vision brésilienne de Rome. Selon les dires de Rocha, CLARO consiste en « une vision brésilienne de Rome ». Ou mieux, un témoignage du colonisé sur la terre du colonisateur : « Je voulais voir clair dans les contradictions de la société capitaliste de notre temps. Par exemple, il me semble très clair le moment dans lequel, à la conclusion du film, les gens pauvres occupent l’écran : le peuple doit occuper l’espace qui lui a été pris pendant des siècles d’oppression. »

Auteur de l’une des œuvres cinématographiques les plus considérables et les plus polémiques du cinéma brésilien, après six ans d’exil en Europe, Glauber Rocha réalise en Italie CLARO, objet inattendu et à l’époque très mal perçu où la fiction se confond avec le documentaire autobiographique. La nostalgie de l’exil distingue CLARO des autres films du réalisateur. Cette nostalgie, matérialisée dans l’interaction de l’image et du son, réinvente le politique. Le Brésil, d’abord l’objet d’un souvenir nostalgique, devient remembrance mélancolique, comme si la distance creusait une perte irréparable et irréversible. La superposition des images fait éclater une écriture ancré aux racines du Cinema Novo, crée un nouveau style renvoyant au théâtre baroque de Carmelo Bene puis, cotoyant le néoréalisme italien, apprivoise la Nouvelle Vague version Godard. Genres, images et langues transitent dans l’espace qui lui-même se métamorphose.

Pour la première fois, le film marque également la présence de Rocha devant la caméra en qualité de personnage et de réalisateur. À la fois sujet du film et narrateur, il traverse incessamment les frontières, comme dans la première séquence du film, alors qu’il donne la réplique à Juliet Berto tout en dirigeant les prises de vue faites par le caméraman. Ce film vit sur la pulsion, emporté dans la transe qui meut l’existence trépidante de son auteur. Dans un témoignage recueilli par l’acteur Patrick Bauchau et filmé en vidéo amateur en avril 1981 à Sintra, au Portugal, quatre mois avant la mort de Rocha, Glauber lui dira :
« Mourir du cœur à cause d’une vie agitée, mais révolutionnaire comme ma vie, ne sera pas très gênant dans un contexte historique. » (JPBd)


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