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MARTÍNEZ LÓPEZ, Miguel. "L’exil des Anarchistes espagnols en Algérie."
Un aspect moins connu de la retirada
Article mis en ligne le 27 février 2011

par r-c.
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Le 19 mars 1939, la victoire des troupes franquistes obligea mon père à fuir l’Espagne. Il était suivi par sa compagne et ses deux fils , fait exceptionnel puisque l’immense majorité des fugitifs avaient été forcés de partir seuls, obéissant par là à des consignes syndicales ou, plus rarement, à des motivations personnelles.

J’avais alors sept ans. La guerre qui se terminait avec la défaite des anti-franquistes s’estompe pour moi sur la toile de fond de mon enfance. Je ne garde en mémoire que quelques fulgurants éclats. Par contre, j’ai vécu le long exil qui s’en est suivi, entouré, tout le temps de mon enfance et de ma prime jeunesse, de compagnons qui avaient eux aussi débarqué d’un chalutier de fortune en mars 1939 à Oran, port colonial français à l’époque.

Avec le débarquement commence pour nous l’exil. La police française nous attendait sur le quai. Nous nous voyons traités, non pas comme des combattants contre des régimes fascistes, mais comme de vulgaires criminels. Nous sommes soumis à la fouille pour être répartis dans des camps de concentration, desquels certains ne devaient plus revenir. Colomb-Béchar, Boghar, Djelfa ne furent pas autre chose que des centres disciplinaires. Mon père resta six mois à Boghari, au bout desquels il fut transféré à Carnot où l’attendaient, depuis leur sortie de la prison d’Oran, sa femme et ses deux enfants. Carnot était un camp de regroupement familial qui, il faut le dire, n’avait rien de comparable avec ceux de sinistre mémoire évoqués plus haut. Mon père ayant fini par décrocher un certificat de travail chez un coiffeur d’Orléanville, on nous laissa sortir de Carnot, après un séjour forcé de plus d’un an. Fuyant le paludisme qui sévissait dans la plaine du Chéliff, nous rejoignîmes dans la capitale, Alger, une pléiade de compagnons qui s’y étaient également réfugiés.


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