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PEREIRA, Irène. "De la notion de force chez Proudhon"
Extraits commentés de “Petit catéchisme politique”, “Troisième étude : De l’Etat” in De la justice dans la Révolution et dans l’Eglise
Article mis en ligne le 7 septembre 2012
dernière modification le 5 septembre 2012

par r-c.
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Instruction première.

Du pouvoir social, considéré en lui-même.

“Demande. — Toute manifestation couvre une réalité : qu’est-ce qui fait la réalité du pouvoir social ?

réponse. — C’est la force collective.

D. — Qu’appelez-vous force collective ?

R. — Tout être, par cela seul qu’il existe, qu’il est une réalité, non un fantôme, une idée pure, possède en soi, à un degré quelconque, la faculté ou propriété, dès qu’il se trouve en présence d’autres êtres, d’attirer et d’être attiré, de repousser et d’être repoussé, de se mouvoir, d’agir, de penser, de produire, à tout le moins de résister, par son inertie, aux influences du dehors.

Cette faculté ou propriété, on la nomme force.

Ainsi la force est inhérente, immanente à l’être : c’est son attribut essentiel, et qui seul témoigne de sa réalité. Ôtez la pesanteur, nous ne sommes plus assurés de l’existence des corps.

Or, les individus ne sont pas seuls doués de force ; les collectivités ont aussi la leur.

Pour ne parler ici que des collectivités humaines, supposons que des individus, en tel nombre qu’on voudra, d’une manière et dans un but quelconque, groupent leurs forces : la résultante de ces forces agglomérées, qu’il ne faut pas confondre avec leur somme, constitue la force ou puissance du groupe.”

La sociologie de Proudhon prend appui sur une physique. Tout être se caractérise par sa force propre qui le rend capable d’agir et de penser. Il ne s’agit pas d’une physique de la substance matérielle, mais d’une énergétique. La nature n’est pas substance matérielle, mais force, énergie. Il est sans doute possible de voir dans cet intérêt de Proudhon pour la notion de force une influence des travaux scientifiques de son époque : la notion de travail d’une force introduite par Gaspard-Gustave Coriolis, les travaux de Faraday sur la force électromagnétique... Le mouvement actif dont ne peut rendre compte la matière inerte trouverait sa condition de possibilité dans la notion physique de force.

Second point, la force collective ne se réduit pas à la simple somme des forces individuelles. La physique des forces ne se réduit pas au substantialisme nominaliste de l’atomisme.


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