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ENCKELL, Marianne. "Salut à l’action directe"
Article mis en ligne le 17 décembre 2012
dernière modification le 27 avril 2015

par r-c.
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Réfractions No. 22 (Printemps 2009)

L’arrestation mouvementée d’un groupe de militants à Tarnac, en novembre 2008, et les très graves chefs d’accusation dont le pouvoir d’État les a affublés ont suscité pendant trois mois un nombre de textes, de manifestes et de pétitions comme on n’en avait plus lu depuis longtemps. Du beau langage, des grandes signatures, des témoignages de solidarité, des ronds-de-jambe, des théories et propositions radicales : il y a de bonnes et de mauvaises fréquentations, que l’on ne choisit pas toujours. Il y a aussi, à mon goût, beaucoup de mots à reprendre, à citer, à malaxer.

Le plus grave, c’est qu’un homme reste en prison, ainsi que plusieurs militant.e.s inculpé.e.s dans d’autres affaires sous le même prétexte de « mouvance anarcho-autonome » ; avec un dossier judiciaire vide, nourri par la machine infernale du discours contre le terrorisme, qui n’exclut donc pas de lourdes conséquences.

« L’antiterrorisme est une machine qui tend à désigner toute forme d’insoumission comme un ferment « révolutionnaire », c’est-à-dire comme le germe du chaos à venir, mais c’est aussi un laboratoire où l’on crée de nouveaux marchés politiques et économiques : désigner l’ennemi intérieur, le fabriquer pour mieux le saisir et l’écraser publiquement est devenu une mécanique, un savoir-faire à disposition des fractions de la classe dominante. »

On ne le répétera jamais assez, chaque détenu.e est un.e détenu.e de trop, quelles que soient les raisons de son entaulement. Mais cette remarque concerne tout le système des prisons, celui de l’organisation de la vindicte appelée justice, et non l’innocence ou la culpabilité des personnes emprisonnées. Le discours sur les droits présumés des prisonniers politiques risque de faire silence sur les « prisonniers sociaux », celles et ceux-là qui n’ont eu que le « crime » pour dire leur désarroi, la misère dans laquelle ils vivent, leur haine des contraintes, celles et ceux-là qui sont écrasés dans le silence funèbre de l’enfermement.

Le courageux journal L’Envolée est aujourd’hui un des rares lieux où leur parole se fait entendre, où l’idée est défendue que « juger, punir et même soigner le criminel » ne devrait plus exister, que c’est la notion même de crime qui doit être remise en question – par la pratique et la redéfinition des rapports sociaux et des normes qui devraient les régir.

Sans loi, pas d’infraction, sans loi, pas de crime. Peut-on parvenir à vivre en dehors de la loi sans être taxé de criminel, voire de terroriste ?


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