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Article mis en ligne le 4 avril 2004
dernière modification le 1er janvier 2006
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Johann Most
Ancien député allemand et orateur exceptionnel, devenu anarchiste
... et la caricature : on remarquera la coiffure échevelée et les yeux, signes de folie que l’on associera désormais à l’anarchiste

Et cela continue :

A chaque bouleversement social, les anarchistes servent de boucs émissaires : par exemple, lorsqu’il fut renversé par les Ayatollahs, le Shah d’Iran, déclara qu’ils étaient anarchistes. Les journalistes qualifièrent de même la bande à Baader.

La droite politique et les pouvoirs publics lancent l’accusation d’anarchisme comme épithète infamante, bien qu’il existe une certaine ambivalence : on regarde avec une tendresse amusée et snob l’anarchiste de salon et celui qui en fait un style d’écriture. Le groupe des économistes reaganiens s’est même qualifié d’anarchistes de droite. Mais la revendication d’une filiation ne prouve guère l’existence de la paternité : toute la tradition anarchiste antérieure a rejeté avec horreur la domination économique.

L’anarchisme ne se rattache pas non plus à la gauche politicienne. Celle-ci lui a souvent "emprunté" ses thèmes tout en l’attaquant sous l’angle idéologique. Elle a imputé aux courants libertaires l’échec du mouvement des "sixties" aux Etats-Unis, puis une complicité indiscutable avec la montée du libéralisme économique et l’évangile du "nouvel ordre mondial". Une citation entre cent :

- Pierre Legendre, historien du droit :

"La démocratie a été une conquête en Occident, jusqu’au moment où elle s’est retournée en devenant la caserne libertaire. De mon point de vue, il y a connivence de fait entre l’idéologie libertaire et l’ultralibéralisme." [1]

A la fin des années 90, une controverse éclata à propos de quelques intellectuels, taxés de "révisionnisme" : du coup, l’anarchisme fut rangé parmi les antisémites. Puis, avec l’intérêt croissant pour les idées libertaires, au début des années 2000, on ressortit des vieux placards l’antiféminisme bien connu de Proudhon. L’attaque du World Trade Center à New York, le 11 septembre 2001, a donné aux intellectuels de nouvelles raisons d’utiliser les anarchistes comme bouc émissaires :

Maryvonne de St Fulgent (sur France Culture, oct. 2001), écrivaine, les voit à l’origine du mouvement terroriste, comme si des actes individuels et une organisation armée étaient comparables. Paola Colonella, parle d’ "anarcho-insurrectionnalistes" [2].

Shimon Pérès :

"Les armes modernes, aussi bien que les avions civils, sont tombées entre les mains des anarchistes, et, au nom d’un Dieu qui pardonnerait tous les meurtres, ces derniers se sont transformés en assassins de masse qui exploitent tous les moyens de communication pour traverser les frontières" [3]

Une revue de gauche, destinée au grand public, qui se consacre à l’histoire et que nous ne nommerons pas, publie parfois des articles sur le mouvement : les illustrations font toujours référence aux attentats de la Belle Époque...

Pourtant, une lecture différente, d’abord méconnue mais aujourd’hui plus visible, sinon acceptée, a vu le jour grâce à MAX...

Suite

Notes :

[1Le Monde , "Horizons", 22.10.2001

[2La Stampa , 19/9/2001

[3Le Monde , 16 octobre 2001.


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